Un professeur, mélomane et sportif, grand défenseur des retraites de classe…

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Didier_XhrouetCamille Medina Gonzalez, en 4A cette année, avait rencontré Monsieur Didier Xhrouet pour une de ses missions de journaliste. Un entretien lié à un événement : une retraite de classe.
Pour des raisons internes, l’interview n’avait pas été publiée.
Il faut tenir compte du fait que les questions ont été posées en 2014-2015.

Luca, un journaliste de l’actuelle 3A, a repris les nombreuses notes manuscrites pour les dactylographier. Voici les échanges entre Camille et Mr Xhrouet.

Camille : Bonjour, Monsieur Xhrouet, pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?
Mr Xhrouet : Bonjour, je m’appelle Mr Xhrouet (prononcez « crouet ») et j’enseigne l’anglais et la religion au lycée. En début de carrière, j’ai été engagé d’abord pour l’allemand que j’ai donné une dizaine d’années en 5è, mais maintenant il n’y a plus ce cours.
Ma passion est liée à la musique. J’en écoute beaucoup, d’un peu tous les styles (du rock au classique en passant par la chanson française). Je chante aussi en chorale et notamment du gospel. Au point de vue sport, je pratique le tennis près de chez moi, au club qu’a racheté Justine Henin.

C : Dans quelles classes donnez-vous cours de religion ici au lycée ?
Mr X : Cette année (2014-2015), je donne religion dans deux classes de 4è. Les années précédentes, je la donnais en 4è et en 5è.

C : Combien de classes avez-vous menées en retraite et pourquoi ces classes-ci ?
Mr X : J’ai emmené mes deux classes de 4è en retraite pendant 2 jours cette année-ci. La 4E était immédiatement enthousiaste et nous sommes partis en novembre. La 4D est revenue à la charge en janvier et nous avons pu l’organiser à la mi-mars, dans le même cadre que pour la 4E (à Ohain, ce qui nous permet d’être au vert sans aller trop loin).

C : Quel était le but de la retraite en 4D. Un maître-mot ?
Mr X : La retraite a pour but de se « retirer » de la vie courante pour vivre un temps fort. Le thème était « développer nos relations, à nous-même, aux autres et au Tout Autre ». Le maître-mot était de vivre un temps de « grâce », thème que je développe en début d’année et qui évoque les dimensions de gratuité et de beauté.

C : Quelles activités avez-vous organisées ?
Mr X : Les activités souvent ludiques et amenaient à rencontrer l’autre en s’exprimant ou en vivant certaines expériences telles le jeu de l’aveugle ou d’autres exercices de confiance. A l’évaluation, les élèves ont trouvé que cela les avait vraiment aidés à mieux se connaitre et à resserrer les liens dans les classes.

C : Etes-vous satisfait de votre voyage avec les 4D ?
Mr X : J’ai toujours constaté que les retraites organisées à Mater Dei ont été une réussite, sans doute parce qu’elles proviennent d’une demande de la classe et que la formule responsabilise les élèves (ils assurent l’intendance en choisissant les menus, en allant faire les courses et en cuisinant). De plus, depuis que je n’assure plus l’animation moi-même (ce qui était assez lourd parce que j’étais tout le temps sur la sellette), j’ai le plaisir d’être un participant au lieu de devoir jouer au prof.

C : Un souvenir particulier ?
Mr X : J’ai à l’esprit plusieurs gestes de « grâce » dans l’entraide gratuite par rapport aux charges partagées. Mais j’ai surtout été frappé par l’implication des élèves dans le fait de se passer des messages personnels. Une enveloppe au nom de chacun, attachée par une pince à linge à une corde, attendait les messages libres des autres. Ceux-ci étaient comme autant de cadeaux à conserver précieusement. Ma communication de la « grâce ».

C : Au sujet de l’école en général, comment trouvez-vous que l’enseignement évolue en Belgique ? Vit-il une sorte de crise à l’image de notre société qui veut toujours aller plus vite et de plus en plus impersonnelle ? Et à Mater où il fait bon vivre ?
Mr X : S’il fait bon vivre à Mater, c’est parce que nous avons conservé une taille suffisamment humaine. C’est ce côté humain qui transcende nos rôles, que j’essaie encore d’accentuer grâce à la retraite. A l’école, je suis professeur; à la retraite, je suis un participant. J’ai eu le plaisir de ne pas devoir gendarmer parce que les élèves respectueux du cadre fixé. La retraite est aussi une occasion de prendre du temps ensemble au lieu d’être stressés pour avancer dans la matière.

C : En vous remerciant pour votre disponibilité, je vous souhaite encore de nombreuses expériences riches et empreintes de « grâce »…


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